
Falaises, plateaux et lacs : cinq oiseaux du Parc National d’Ifrane
Cinq oiseaux à chercher quand le paysage s’ouvre.
Quand on quitte la cédraie pour les plateaux, les falaises et les rives des lacs, on change d’oiseaux. Voici cinq espèces du Parc National d’Ifrane.
Pourquoi ces milieux ?
Les rapaces et le grand corbeau aiment voir loin : ils se perchent sur un rocher, un poteau ou une falaise, ou planent au-dessus des reliefs. Le cochevis, lui, vit au sol, dans les milieux ouverts et pierreux. Le milan noir se repère près des lacs. Sur les hauts plateaux, on porte le regard loin pour les repérer.
Buse féroce Buteo rufinus
Comment la reconnaître
- Silhouette : grand rapace aux longues ailes larges. En vol, elles forment souvent un léger « V ».
- Plumage : très variable, mais en général tête et poitrine claires, qui contrastent avec un ventre plus sombre.
- Signes distinctifs : en vol, une zone de plumes blanchâtres sous les ailes, une tache noire nette au poignet de l’aile, et une queue roussâtre unie, sans barres sombres marquées chez l’adulte.
Où la chercher
Dans les milieux ouverts et semi-ouverts du Parc : plateaux rocheux, clairières en lisière de cédraie, falaises et gorges escarpées où elle construit son nid. Elle passe beaucoup de temps bien en vue, sur un rocher, un poteau, ou directement au sol.
Quel son écouter
Un miaulement plaintif, étiré et perçant, typique des buses mais plus puissant et plus rauque. Elle le pousse souvent en plein vol, ou quand elle est dérangée près de son aire.
Pourquoi « féroce » ? Elle défend son nid avec une agressivité spectaculaire contre les intrus.
Faucon crécerelle Falco tinnunculus
Comment le reconnaître
Un petit rapace de la taille d’un pigeon (30 à 38 cm environ), à la silhouette élégante de chasseur.
- Ailes : longues, étroites et pointues.
- Queue : longue et étroite.
- Plumage : dos et manteau roux brique, parsemés de taches noires.
- Mâle ou femelle : le mâle a la tête et la queue gris bleu, avec une large barre noire au bout de la queue. La femelle, plus grande, a la tête et la queue entièrement rousses et striées.
Où le chercher
Il aime les milieux ouverts et semi-boisés. Dans le Parc :
- à la lisière de la forêt de cèdres ;
- au-dessus des plateaux rocheux et des prairies d’altitude (les dayas, comme le lac d’Afenourir), où la végétation est rase ;
- souvent bien en vue, sur un poteau électrique, un piquet de clôture ou une roche haute qui lui servent de poste d’affût.
Quel son écouter
Un oiseau bavard, surtout à la reproduction ou quand il est alarmé. Son cri est strident, aigu et très rapide, répété en série : « ki-ki-ki-ki-ki » ou « kré-kré-kré ». Ce cri rappelle le bruit d’une crécelle, d’où son nom.
Le vol en « Saint-Esprit ». Il s’arrête net au-dessus d’un champ, bat très vite des ailes, queue déployée en éventail, et reste en vol stationnaire face au vent, la tête immobile. À 10 à 40 mètres de haut, il scrute le sol avant de plonger sur sa proie.
Milan noir Milvus migrans
Comment le reconnaître
- Silhouette en vol : fine, avec de longues ailes coudées. La queue est légèrement échancrée (un V peu profond), contrairement à celle du milan royal, très fourchue.
- Plumage : corps brun foncé (presque noir de loin), tête souvent plus claire et grise.
Où le chercher
Près des lacs et plans d’eau du Parc, comme le lac Dayet Aoua. Aussi au-dessus des cédraies et des chênaies, ou en train de planer près des routes et des zones ouvertes, à la recherche de proies ou de carcasses.
Quel son écouter
Un sifflement tremblant et plaintif, proche d’un hennissement rapide : « kii-rii-rii-rii ».
Le roi de la voltige. Excellent voilier, il se sert de sa queue comme d’un gouvernail, qu’il tord sans cesse pour changer de direction avec une agilité déconcertante.
Grand corbeau Corvus corax
Comment le reconnaître
C’est le plus grand des passereaux. Plumage entièrement noir brillant, aux reflets métalliques. Bec très robuste. En vol, la queue en forme de losange (ou de coin) se voit bien.
Où le chercher dans le Parc
Près des falaises rocheuses et des sommets du Moyen Atlas. Aussi au-dessus des clairières des cédraies et des chênaies, ou près des zones de pique-nique (les sources, le site du Cèdre Gouraud).
Quel son écouter
Son cri le plus typique est un « croak » ou « krrok » grave, rauque et sonore, qui porte très loin dans les vallées.
Une intelligence exceptionnelle. Le grand corbeau est joueur et acrobate : il peut faire des vrilles et voler sur le dos, pour le plaisir.
Cochevis Galerida cristata / Galerida theklae
Comment le reconnaître
Une alouette trapue au plumage beige-brun strié, qui se fond dans la terre (homochromie). On le reconnaît à son long bec pointu, légèrement courbé, et surtout à sa huppe pointue très visible, qu’il dresse fièrement sur la tête.
Où le chercher
Dans les milieux ouverts, pierreux et semi-arides du Parc : pelouses rases d’altitude, lisières de clairières, abords des routes. Il évite l’intérieur des cédraies denses.
Quel son écouter
Un chant en phrases flûtées, liquides et mélancoliques, souvent lancé depuis une pierre ou en vol stationnaire. C’est aussi un imitateur : il intègre des cris d’autres oiseaux à sa mélodie. Son cri de vol ressemble à un « uitrui-u » doux.
Un oiseau du sol. Le cochevis passe presque tout son temps au sol. Il ne se baigne jamais dans l’eau, mais se roule dans la poussière pour nettoyer ses plumes des parasites.
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